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DYSLEXIE, DYSPHASIE, DYSPRAXIE...DYSQUOI?



Avant de commencer, clarifions quelque chose : la dyslexie, la dysphasie et la dyspraxie ne sont pas causées par une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme (TSA), l’environnement ou encore l’apprentissage d’une langue seconde. Ce sont tous les trois des troubles d’origine neurologique, donc liés aux connections neuronales du cerveau. Ce ne sont pas des «maladies» que l’on peut «guérir», mais bien des troubles permanents qui feront partie du quotidien d’une personne durant toute sa vie. Ne soyons pas tristes. Cette personne aura certes quelques ajustements à faire afin de compenser ses difficultés, mais ne verra pas la porte de son avenir se refermer devant elle, ça non!


DYSLEXIe

«J'AI DE LA DIFFICULTÉ À LIRE… ET DONC À ÉCRIRE. »

La dyslexie est un trouble de l’acquisition du langage écrit qui touche non seulement la lecture, mais aussi l’écriture. Bon, pour bien comprendre la dyslexie, vous devez savoir qu’en tant que lecteur nous utilisons tous deux voies pour lire: la voie lexicale et la voie phonologique.


Présentement, si vous êtes un lecteur habile, vous lisez ces mots en les reconnaissant de façon globale, en un clin d’oeil, sans avoir à les sé-pa-rer en di-ffé-rentes sy-llabes pour les com-prendre. C’est ce qu’on appelle la voie lexicale, qui est très utile pour améliorer notre rapidité et notre fluidité en lecture (puisque nous lisons les mots en entier sans se ralentir en les décortiquant).


La seconde voie que nous utilisons pour lire est phonologique, lorsque nous rencontrons un mot nouveau qu’il nous faut justement décortiquer, décoder. Par exemple, lors de la lecture d'une langue étrangère, nous n’avons pas d’autres choix que d’utiliser la bonne vieille voie phonologique pour segmenter le mot et assembler les différents sons ou syllabes que nous lisons. C’est ce que les jeunes enfants font en lecture avant de reconnaître de plus en plus de mots globalement (voie lexicale).


Maintenant que la distinction est faite entre les deux voies d’accès à la lecture, il sera plus facile de comprendre les types de dyslexies :


- Dyslexie lexicale: atteinte à la voie lexicale. L’élève éprouve des difficultés à reconnaître les mots globalement. Il décodera donc lentement des mots qu’il voit régulièrement, commettra des erreurs en lisant le début du mot et devinant la fin, et plus encore. Il n'aura pas un grand lexique de mots connus en écriture.


- Dyslexie phonologique: atteinte à la voie phonologique. L’élève a de la difficulté à associer le graphème (lettre) au phonème (son) et commet donc des erreurs au niveau du décodage du mot. Il peut aussi y avoir différents types de confusions (visuelles/auditives) et d’inversions (ex. b/d/p/q, f/v, ch/j). Ces erreurs se reflètent également en écriture.


- Dyslexie mixte : Les deux voies sont atteintes.



DYSPHASIE

«J'AI DE LA DIFFICULTÉ À COMPRENDRE ET À DIRE.»

La dysphasie est un trouble du langage qui touche les sphères expressives ou réceptives d’un message, peu importe sa présentation (orale ou écrite). Selon sa forme et son degré de sévérité, la dysphasie se reflètera à plusieurs endroits dans la vie de l’élève.


Au niveau réceptif, certaines consignes trop longues peuvent être difficiles à comprendre, surtout lorsqu’on utilise des mots-questions (ex. où, quand, comment, pourquoi), des termes temporels (ex. avant, après, demain, plus tôt) ou des notions spatiales (ex. en haut, à droite, en dessous). Les inférences à l’écrit sont un autre exemple de difficulté de compréhension.

Par rapport à la voie expressive, les paroles de l’enfant peuvent être indistinctes et à travailler au niveau de la syntaxe ou de la cohérence. Ce sera l’orthophoniste qui sera le spécialiste pouvant évaluer la dysphasie chez l’enfant. L’orthopédagogue pourra travailler en collaboration avec l’orthophoniste pour aider l’élève.

On m’a déjà donné une image mentale un peu cocasse, mais évocatrice, pour mieux comprendre la dysphasie expressive : Imagine que tu tentes d’attraper une chaussette dans le sèche-linge alors que tous les vêtements tournent toujours dans celle-ci, ce sera difficile. Tu vois, un élève dysphasique tente de choisir le bon mot à dire au bon moment, mais a de la difficulté à l’attraper.


Exemple : Lorsqu’on demande à Gabriel, 7 ans, ce qu’est un perroquet, il répond : Ça parle des mots, euh…comme c’est un perroquet un oiseau et c’est coloré.


Dyspraxie

«J'AI DE LA DIFFICULTÉ À PLANIFIER ET COORDONNER.»

Un jeune dyspraxique aura des difficultés reliées à la planification des mouvements ainsi qu’à la coordination de ceux-ci. Lorsqu’il voudra réaliser une action, l’organisation des gestes moteurs nécessaires sera maladroite. Par exemple, attacher ses souliers peut être difficile puisqu’il y a différentes étapes et mouvements à planifier de manière simultanée et rapide.


Certains jeunes dyspraxiques auront de la démotivation pour les activités où la motricité fine sera de mise puisqu'elle est difficile pour eux (ex. dessins, écriture, jeux de construction). L’orientation spatiale est également parfois lacunaire pour ces jeunes qui peuvent avoir besoin de plus de repères pour se situer dans l’espace.


Exemple: En jouant à la tag, un enfant dyspraxique pourra frapper son adversaire pour le toucher, sans le vouloir, parce qu’il a eu du mal à calculer rapidement la distance qui le séparait de son compagnon.




Évidemment, il arrive que ces troubles soient associés. De plus, il existe de nombreuses interventions efficaces pour travailler et compenser les difficultés qu’apportent ces différents troubles. Ce sera pour un prochain article. Pour l’instant, du matériel et des idées d’activités sont présentés sur la page Facebook de ScolAide et sur Instagram. Bonne visite!


Pour plus d'informations, voici quelques ressources :

Dysphasie Québec

CHU Sainte-Justine

AQED. (2012). La DYSPRAXIE: en quelques mots.

Breton et Léger. (2007). Mon cerveau ne m’écoute pas.

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